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Rodada Mudejar

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Concepto

Concepto

En évoquant la période d’intégration de la culture mudéjare dans l’histoire du Mexique —
nourrie par une iconographie d’une grande importance mondiale — cette œuvre englobe deux
moments fondamentaux qui montrent comment le métissage et le dialogue entre les cultures
enrichissent le monde. D’une part, elle fait référence au grand moment de coexistence entre
cultures et religions dans l’Andalousie de l’Alhambra et de la Mosquée-Cathédrale de Cordoue ;
d’autre part, elle évoque l’arrivée de cette iconographie en Nouvelle-Espagne, principalement à
travers l’architecture et la céramique.
Rodada Mudéjar est une œuvre collaborative qui recycle à la fois des significations et des
matériaux. Elle a été conçue pour et par le dialogue entre deux pays marqués par une histoire
profondément multiculturelle, et réalisée à l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, elle-
même un foyer de production de savoir et de dialogue culturel ouvert sur le monde.
L’œuvre est composée d’un cercle formé de pneus de moto recyclés. Ces derniers ne
représentent pas seulement des déchets urbains — vestiges d’une mobilité urbaine dominée
par l’obsession de la vitesse — mais ils retrouvent aussi une dimension rituelle, comme à
l’époque préhispanique. En même temps, ils font allusion à la longue histoire de l’esclavage liée
au caoutchouc, matériau exploité par l’Europe en Afrique et en Mésoamérique.

Les pneus utilisés sont les plus petits et les moins chers, ceux que l’on retrouve communément
dans la circulation des grandes villes. Cependant, ce sont aussi les plus fonctionnels : ils
transportent des aliments, des messages, des marchandises, et soutiennent le rythme quotidien
des métropoles. Rodada Mudéjar renvoie au cercle comme forme atavique présente dans
toutes les cultures. Elle reprend également la figure du « grand oculus » : cet œil divin, cette
grande fenêtre qui, dans l’architecture de l’École où l’œuvre est installée, s’ouvre sur le paysage
de la ville d’Alger et, en même temps, sur son histoire de l’art, représentée par l’œuvre du
sculpteur Paul Belmondo (1898–1982), située au bout du couloir.
Rodada Mudéjar est avant tout composée de nombreux yeux : ceux des artistes en formation,
qui ont ouvert de nouvelles portes et fenêtres grâce à leur regard personnel, exprimé dans
chaque peinture réalisée lors de l’atelier. Chacun d’eux a offert, à travers symétries et couleurs,
des références historiques et personnelles, biographiques et tournées vers l’avenir, mêlant
iconographies locales et universelles. C’est un tissage de regards renouvelés, unis à la fois
individuellement et collectivement. Merci beaucoup.
Betsabeé Romero

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© Betsabeé Romero

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